La minute pute : Mais tu vas arrêter avec ta p***** de chaîne !

La minute pute : Mais tu vas arrêter avec ta p***** de chaîne !

L’envie me prend parfois de secouer des gens, la tête à l’envers au dessus d’un pont, quand je traîne sur les réseaux sociaux et aujourd’hui, je te propose de commencer une nouvelle rubrique « la minute pute » qui comme son nom l’indique va décimer avec délectation certaines habitudes insupportables vues sur la toile.
La première minute pute traitera d’un sujet qu’on aimerait voir disparu depuis 1999.

Revenue sur Facebook il y a peu, je constate avec effroi que les chaînes n’ont pas cessé d’exister. Je t’offre trois raisons d’arrêter définitivement de polluer le monde avec ces immondices. Retour sur l’anatomie d’un truc qui pue vraiment le caca et, pourquoi, il faut que tu cesses à tout jamais d’en faire circuler.

L’exemple réel que l’on va utiliser pour décrypter le fonctionnement de ce morpion du web :

Quand je parle de chaîne, je ne parle pas de mouvement de solidarité comme après les attentats de Charlie Hedbo ou du Bataclan. Je te parle de ce truc qui circule pour te faire faire circuler une information censée être à caractère solidaire mais dont une chose fait que ça n’est pas crédible. La chaîne typique comporte toujours une donnée gerbante, la culpabilisation d’autrui. Décryptage avec ce que j’ai pu voir récemment sur mon mur.

Une pensée toute particulière ce soir 😢 Qui me ramène à mes démons… Saleté de crabe, dégage !!!

Fous lui la paix !!! Cette maladie de merde a tué trop de gens que j’aimais… Contrairement à d’autres ce sera une petite demande n’entraînant pas l’élimination des amis de ma liste. Étant donné que j’ai un intérêt personnel dans les effets du cancer, je veux voir qui lit et qui partage sans le lire !
Si vous avez tout lu, sélectionnez « J’aime », pour que je puisse vous remercier dans votre profil. Je sais qu’un grand pourcentage d’entre vous ne sera pas diffusé, mais mes vrais amis vont le faire.

S’il vous plaît, en l’honneur de quelqu’un qui est mort, ou a le cancer, ou même avait un cancer.

Tout le monde dit : « si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas, je serai là pour toi »…, donc je vais faire un pari, sans être pessimiste, j’aimerais savoir qui de mes amis et ma famille mettront ça sur leur FB. Tu dois le copier et coller (ne pas partager) !!! Je veux savoir sur qui je peux compter… et je suis sûre que le nombre est inférieur à 25. Écrivez « fait » dans les commentaires quand tu le fais ! C’est le mois de sensibilisation sur cette maladie.

J’ai fait ça pour quelqu’un de très spécial !

Nous connaissons tous quelqu’un qui a combattu cette maladie, ou qui se bat contre ce mal actuellement. Merci. COPIER ET COLLER… NE PAS PARTAGER »

DONC, RAISON NUMÉRO UNO : GARDE TA CULPABILITÉ DANS TON FION VEUX-TU !

Ta chaîne partait probablement d’une bonne intention.  Qui ne rêve pas de voir le cancer éradiqué. Mais elle repose sur un truc qui me rend malade ; la culpabilisation de celui qui va la lire.

Oui, tu sais, ce gros dégueulasse-vilain-pas beau-méchant qui n’est pas ton ami sincère, celui sur lequel tu ne peux pas compter car il ne transmettra pas ta chaîne pourrie.  Le vieux principe repose sur ce fameux « si tu m’aimes, tu le feras ». Mais, attends, est- ce que mes oreilles fonctionnent bien ? Mais c’est ce qu’on appelle de la manipulation. Je ne peux le croire, toi, si bon-gentil-altruiste, tu ne serais juste qu’un ou une vil(e) manipulateur(trice) prêt à exploiter la faiblesse de l’autre et son envie de te prouver son amour.  Je peux te confier un secret, personnellement, quand je vois ça sur ton mur. J’ai envie de te supprimer, de ne plus t’appeler et surtout de te coller une bonne grosse tarte. Et même si tu le files à l’autre comme une patate chaude, pour ne plus te brûler les doigts avec ta propre conscience. Faire culpabiliser ses potes, c’est beurk, c’est tout !

RAISON NUMÉRO DOS : SI TU VEUX FAIRE QUELQUE CHOSE CONTRE LE CANCER, J’AI DES ADRESSES POUR QUE TU TE BOUGES TES MICHES.

Manque de bol pour toi, il s’avère que ton interlocutrice a travaillé en oncologie. Jusqu’à preuve du contraire, ta chaîne n’a sauvé personne ni même redonné le sourire à quelques malades que ce soit. Pourquoi ? parce que ce dont ils ont besoin c’est toi en face d’eux. Et non, je t’arrête tout de suite, toute forme de soutien n’est pas bonne à prendre.

Le cancer te désole, moi aussi, tu peux faire tout un tas d’actions bénévoles pour montrer ton soutien à ceux qui souffrent d’un cancer.

Voici un carnet d’adresses pour que tu puisses à ton tour nous montrer que les malades t’importent vraiment, mais oui ça te demandera plus d’efforts qu’un CTRL+C/CTRL+V.

Tu peux par exemple faire un don pour financer la recherche et améliorer la vie des malades par exemple sur :

-http://www.alsacecontrecancer.com/

-https://www.ligue-cancer.net/faire_un_don/en_ligne

Tu peux aussi participer à des œuvres caritatives ou faire du bénévolat :

RAISON NUMÉRO TRES : RÉFLÉCHIS DEUX MINUTES QUEL EFFET CA PEUT DONNER A QUELQU’UN QUI SOUFFRIRAIT D’UN CANCER DANS TON ENTOURAGE FACEBOOK.

Il y a des gens qui sont discrets sur leur état de santé. Et si tu viens geindre sur la tristesse du cancer et que bouhou tu verras qui t’aime vraiment en postant ta chaîne, je te parie un billet de 50 que dans tes contacts il y a quelqu’un de malade ou en sursis pour lequel c’est certainement indécent de voir ce type de message.

Si tu veux communiquer efficacement et intelligemment sur le cancer

  • Parle de ta propre expérience et de ton vécu, cela touchera probablement plus tes contacts que des mots lamdbas qui ne traduisent en rien l’expérience de souffrir d’un cancer ou de voir un de ses proches en souffrir. Tu peux ainsi demander gentiment à tes contacts de partager s’ils le veulent bien car ça te ferait plaisir. En plus c’est beaucoup plus touchant de lire de vrais témoignages d’amour de ceux qui ont vu un proche souffrir ou perdu un proche.
  • Il y a plein de magnifiques témoignages sur la blogosphère ou sur YouTube. Tu peux aussi diffuser les mots de ces autres qui seront plein de sens et de vérité.

Je te conseille par exemple ce blog d’une jeune femme alsacienne qui a fait une bd pour parler de son combat contre le cancer du sein http://tchaogunther.com/. Ou alors ce type de témoignage https://www.youtube.com/watch?v=KpSzxWE7Egw

Au final, tu l’auras compris peu importe le sujet de ta chaîne, tu as d’autres moyens plus élégants plus beaux et plus efficaces pour toucher ton public et les rallier à ta cause.

Et maintenant, ça suffit le copier/coller !

Je déclare la minute pute officiellement close.

Lisenn

L’ordonnance de ta psy: Playlist spéciale « Paye ta rupture ».

L’ordonnance de ta psy: Playlist spéciale « Paye ta rupture ».

Je te propose une playlist qui va reprendre les étapes du deuil afin de t’accompagner au mieux dans cette rencontre douloureuse avec la dure réalité de la rupture amoureuse . BIM!

Elizabeth Kübler-Ross a identifié 7 étapes au processus de deuil. Je t’invite d’ailleurs à aller te renseigner sur la vie de cette femme qui était fascinante.

Retour à nos moutons noirs, sors tes kleenex, prépare ton pot de Nutella et ta bombe de Chantilly : on va affronter ça ensemble.

1Le Choc : L’annonce d’une rupture, conduisant normalement à un constat sans appel, tu vois la personne en face de toi comme pétrifiée. On parle de sidération. C’est ce moment où tu peux ressentir comme une très agréable sensation de poignard dans le creux du bide. Ou alors de te sentir statufié irrémédiablement dans un corps qui ne veut plus bouger d’un pouce. Quelle douce sensation. Hmmmm. Je te propose d’écouter un bon vieux classique de Justice qui illustre à merveille le sentiment de te sentir ratatiné  par un troupeau de tyrannosaures.

2Le Déni : Ton esprit va refuser ce qui se passe. C’est là que j’ai déjà pu entendre dans mon cabinet  » Non, mais il me quitte pour préparer sa demande en mariage, c’est sûr! » . Et oui, c’est ce moment où ton cerveau et surtout ton cœur sont prêts à croire les balivernes que tu vas te raconter à toi-même. C’est le temps de la discussion entre toi et toi-même ou avec les autres qui vont souvent te regarder avec des gros yeux face aux énormités que tu vas sortir. Certaines personnes s’enferment dans cet état de déni, de refuge pour conserver dans une petite boîte ; le fait de ne pas vouloir y croire.

J’ai choisi une chanson que je trouve, personnellement, super flippante depuis toujours. Celle de Zazie, Homme sweet homme qui parle bien de ce côté complètement malade de cette phase de déni.

3La colère : Je sens que je ne vais pas avoir besoin de te l’expliquer. Tu te vois évidemment avec une batte de baseball ou le club de golf de ton dentiste défoncer une série de voitures innocemment parquées dans la rue. C’est le moment du défoulement. Et là, je ne peux pas te conseiller meilleure chanson que celle de The Hives, Hate to say i told you so.

4La tristesse : Je te conseille de t’acheter de très très jolies boîtes de Kleenex pour te rendre cette étape moins douloureuse et d’investir dans un tube d’homéoplasmine pour sauver tes narines endommagées par le frottement répété avec le mouchoir. La voix du chanteur de Foals a déjà tendance à m’émouvoir sans effort. Et là, le clip est juste magnifique.

 

 

 

 

 

 

5La résignation : C’est ce moment si précieux où tu déposes les armes, conscient que plus rien ne peut être fait pour sauver ou changer la situation. Souvent, à ce moment, la fatigue t’envahit avec cette horrible sensation qu’un 3 tonnes vient de se poser délicatement sur ta poitrine pour ne plus en bouger jusqu’à ce que tu sois moins fatigué. Souvent c’est aussi une phase de rejet,  » je te connaitrais plus jamais l’amour… ».

6L’acceptation : C’est ce moment où tu commences peu à peu à redevenir toi-même et à retrouver progressivement conscience et confiance en toi. Tu te souviendras des bons moments et plus que des mauvais.  Et j’ai choisi une petite nouveauté dont je suis fan pour illustrer cette émotion.

 

 

 

 

 

7La reconstruction : L’acceptation seule ne suffit pas. Grâce à cette épreuve, tu vas découvrir des trésors de ta personnalité que tu ne soupçonnais pas jusqu’ici.  L’être humain est un miracle d’adaptation, il est fait pour ça. Aussi douloureux que ça puisse être, nous sommes résilients, c’est comme ça. Chaque expérience (bonne ou mauvaise) te rend meilleur si tu la dépasses, c’est un fait percutant et inéluctable.

Je t’ai choisi trois chansons toutes fraîches qui me font du bien.

 

 

 

 

 

 

Allez je t’embrasse bien fort. Tout passe. TOUT

Lisenn

PS: je remarque, qu’étrangement, j’ai choisi des chansons anciennes pour illustrer les premières étapes et toute récentes pour les dernières. Illustration parfaite de l’esprit en mouvement.

Matt Pokora vs Mike Horn.

Matt Pokora vs Mike Horn.

J’ai une fascination bizarre pour Mike Horn, l’aventurier qui est capable de survivre n’importe où en tuant un bison avec un coton-tige et de construire un radeau insubmersible en tiges de pâquerettes. Plus précisément, c’est son mental qui me passionne à tel point que dès qu’une émission passe sur M6 avec mon aventurier, je vais systématiquement la voir en replay.

Dans la dernière émission, The Mike emmenait le chanteur de r’n’b alsacien Matt Pokora passer 5 jours au coeur de la jungle du Sri Lanka. Au programme bêbêtes très mignonnes (miam miam des sangsues), marches sans fin, descentes en rappel, jeûne, et caprices de notre starlette. Alors je te vois venir, « Oui mais ça avait l’air super difficile et j’aurais voulu t’y voir ». Nul doute que je n’aurais pas réussi l’exploit de M.P à savoir survivre à son séjour mais il avait aussi le papa le plus rassurant du monde qui le pouponnait, nourrissait et protégeait. Premier étonnement de Mike qui laisse Matt prendre une seule chose dans son sac. Matt choisit les lingettes. Mike lui dit que c’est dangereux car ça sent une odeur qui ne se retrouve pas dans la jungle. « Pour se fondre dans la jungle, il faut sentir la même chose qu’elle ».  Ça commence bien pour Matt qui devra accepter de renoncer à ses fesses de bébé.

Le garçon pleure dès la première journée: « Mais moi je suis venu prendre du plaisir, et là, je prends pas d’ plaisir ». Si tu voulais prendre du plaisir, t’aurais pu te réserver une semaine aux Seychelles à plonger tes pieds dans l’eau translucide et à siroter des cocktails multicolore avec une tranchette d’ananas sur le côté.   Je crois qu’au delà du fait que cette simple phrase résume le rapport à la difficulté qui est le mal de la modernité, j’ai trouvé que ça résumait bien ce qu’on nous apprend à tous depuis que nous sommes petits sur le dépassement de nous-même. Dans notre société, le dépassement de nous même équivaudrait à la réussite sociale et financière. Ce qui est au faux et complétement inutile quand on sort de notre zone de confort. M.P, selon les critères actuels, aurait réussi car riche, célèbre et musclé. Je préfère nettement les critères de Mike Horn.

Au bout du troisième caprice et de la douzième nausée, Mike finit par poser à Matt la question qui tue  « Là, tu viens juste de faire 30 minutes de marche. La vie, c’est pas 30 000 personnes qui disent bravo. Qui tu es vraiment? ». Bim. Un peu plus tard il enfonce le clou  « C’est quoi ta valeur? La valeur c’est quelque chose que tu as en toi pour avancer dans la vie et que personne ne peut t’enlever. C’est tout ce dont tu as besoin pour vivre. Le reste, le matériel, c’est rien ça. » Re-bim.

Face à tant de sagesse, M.P décide raisonnablement de faire profil bas, de fermer sa petite mouille et de dormir dans un hamac à 15 mètres du sol pour ne pas se faire piétiner par les éléphants. Je n’imagine même pas le trésor avec lequel M.P est reparti chez lui, des souvenirs de dépassements de lui-même plein la tête mais aussi une rencontre avec un être humain profondément libre.Certainement, une expérience qui le transformera à vie.

On ne peut pas juger Matt Pokora car dans nos sociétés aseptisées, normées, on perd totalement notre capacité d’adaptation qui est notre plus grande force et cette confiance en nous qui serait que sans tout ça, on devrait être capable d’y arriver.

C’est cette liberté que j’admire chez Mike Horn, déjà parce que j’en suis foutrement incapable ensuite parce qu’à cette question « Qui es-tu vraiment ? ». J’aimerais pouvoir y répondre, je ne suis pas sûre que la réponse soit suffisamment honnête et réaliste car il faut être capable d’entendre.

Je suis accro aux nouvelles technologies et à mon petit confort et même si ça me fait gerber, je suis obligée d’être honnête là dessus. J’applaudis d’ailleurs M.P de l’avoir fait, je serai probablement partie en hurlant à la première sangsue. Alors Mike Horn dit qu’on trouve des réponses dans le dépassement de soi. Je n’en doute pas puisqu’il semble qu’il soit devenu mentalement indestructible au gré de ses aventures incroyables.

C’est ce que je vais me souhaiter pour 2017, du dépassement, de la découverte et un peu de folie surtout !

Lisenn

 

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

Lorsque j’étais enceinte, j’ai eu envie d’essayer pas mal de disciplines pour profiter pleinement de ce petit être qui grandissait en moi. Cela m’a permis de me sentir pleinement enceinte et c’était d’autant plus nécessaire que j’ai travaillé jusqu’au bout de mon terme ( je travaillais encore le vendredi, j’ai accouché le dimanche). J’ai beau avoir pris 25 kg  et avoir vu un pote changer de couleur dans la rue tellement j’étais énorme, la grossesse reste une belle expérience.

J’ai commencé par essayer de la sophrologie prénatale (celle de Constance Kreintz). Énorme fou rire, le jour où des copains étaient venus manger à la maison. J’avais mis mon ipod en mode shuffle et d’un coup, silence,  « ressentez votre périnée ».

La sophrologie prénatale m’a permis d’appréhender les nausées du début de grossesse. Je me souviens que parfois je regardais le patient en face de moi en me disant  « ne vomis paaaaaas, ne vomis pas pitiéééé ». Compliqué. Quand le bébé a commencé à bouger, la sophrologie a pris tout son sens. Je le voyais comme un moment de conscientisation de ma grossesse. Merveilleux.

J’ai ensuite fait du chant prénatal. C’est à ce moment que tu as le droit de dire que je me suis transformée en mère hippie pendant ma grossesse, c’est vrai. Et encore, je ne t’ai pas dit que ma prof/sage femme nous faisait ce cours avec un instrument de la culture indienne dont j’ai oublié le nom.

Ensuite, j’ai décidé de faire une formation à l’hypnose prénatale pour mieux appréhender  la douleur avant la fabuleuse péridurale (hippie mais pas trop hein). Les cours étaient dispensés par l’anesthésiste de la clinique où j’allais accoucher. Il m’explique différentes techniques de visualisations.Notamment celle de me projeter dans une image-refuge, un endroit qui m’apaiserait particulièrement.

Cet endroit je t’en ai déjà parlé là. Mon moment bountyimg_1955

Et cette photo prise avec mon téléphone tout pourri ne rend pas du tout justice à la beauté du lieu.

Je visualisais donc cet endroit magique pour moi qu’on appelle le Boulidou. Je m’y vois assise sur un des grands rochers qui surplombe l’eau. Je sens le soleil brûlant sur ma peau, le chant assourdissant des cigales, le vent méditerranéen souffler dans mes cheveux, le froid glacial de l’eau paralyser mes pieds. Ce simple souvenir sensoriel suffit à m’emmener ailleurs. Si un jour, on arrive par la technologie à nous faire ressentir des sensations agréables qu’on a déjà connu, le paradis sera à notre porte. L’anesthésiste m’a fait rire, me sentant particulièrement à l’aise avec la technique. Il m’a proposé de faire un reportage avec Arte sur mon accouchement sous hypnose. Comment te dire, cher ami, que la magie du moment doit être présente dans ta tête qui reconstruit joliment les choses non pas sur la brutalité réelle d’un écran.

Cette visualisation est une expérience sensuelle au sens le plus pur du terme. Celle qui représente l’attachement aux plaisirs des sens. La sensualité n’est pas obligatoirement liée à la sexualité mais son pouvoir est édifiant. Tu arrives à ressentir par ton corps en te souvenant de ce que tu as expérimenté à ce moment là.

Ce qui est dommage dans une société où on valorise l’intelligence universitaire ou scientifique, on perd ce lien et ce pouvoir fabuleux de ressentir grâce à son corps.

On a le pouvoir de s’évader à tout moment grâce à l’alliance du corps et de l’esprit. Mais pour que le corps se souvienne, il faut au préalable qu’il ait été autorisé par l’esprit à pleinement ressentir l’intensité du moment. Pas si facile, car bien souvent les ressentis du corps sont bloqués très tôt par la censure morale de la société qui ne nous désire pas « sensuels » mais « normés » et donc distants de nos corps.

Tu le sens , ce rayon chaud du soleil sur ton visage quand tu fermes les yeux toi? Hmmmm.

Lisenn

 

 

Collants, bas & bas autofixants, je vous maudis.

Collants, bas & bas autofixants, je vous maudis.

En cette Saint Valentin, tu ne seras pas la seule à te faire épiler le maillot (avec beaucoup d’élégance) et à sortir le grand jeu pour séduire le mâle ou la donzelle qui rêve de s’acoquiner avec toi. Et c’est à ce moment précis qu’entrent en jeu toutes les diableries ( Christine Boutin, sors de ce corps), francheluches, et dentelles.

Les magasins de lingerie vont traditionnellement faire leurs bénéfices autour de la fête du cul de l’amour.

Mais voilà, les femmes sont l’objet de souffrance quotidienne. Par exemple lorsque tu décides de mettre une jupette ou une robe. Tu dois choisir entre:

Les immondes collants: le plus moche de tous, rarement confortable, possède une furieuse tendance à te serrer le bide ou alors à descendre joyeusement le long de tes reins pour te permettre d’adopter une magnifique démarche de canard boiteux pour éviter de les perdre. Tu seras d’accord pour dire, porteuse de collants, que même les mannequins rachitiques de la pub de Dim n’ont pas l’air gégé à courir nues juste avec des collants sur la plage.

Les bas avec porte-jarretelles: sans conteste considéré comme le plus sexy mais bon sang qu’est ce que c’est inconfortable! Déjà si tu veux te rendre aux toilettes, tu dois avoir eu l’intelligence de fixer tes bas avant d’enfiler ta culotte sous peine de ne plus jamais être capable de les remettre seule. Quand tu t’assoies, les fixations te rentrent dans la peau de façon à bien appuyer partout et te donner l’apparence d’un rôti de porc ficelé lorsque tu les ôteras. Généralement tu passeras 15 minutes à suer seule dans ta salle de bain à essayer de les mettre.

Les bas autofixants: la fausse bonne idée. D’apparence, c’est la solution qui te semblera la meilleure (la moins pire). C’est joli et ça ne te saucissonne pas. Le bas se tient tout seul avec deux bandes de silicone au dessus de la jarretelle. Sauf que, j’ai suis maudite par les bas autofixants. Chaque fois que j’ai mis ces foutus bas je me suis retrouvée à un moment avec cette petite bande de silicone qui pète et qui fait que le bas descend joyeusement jusqu’à ta cheville dans le ridicule le plus total. La première fois où le drame est arrivé, j’étais dans les couloirs de la faculté à l’Institut Le Bel. Mon bas décida de se faire la malle à l’heure de l’intercours devant 500 étudiants amusés, eux , de l’évènement. La deuxième fois, présentation professionnelle devant mon patron de l’époque, zwip le bas. Gros fou (contenu) rire de mon patron et de son commercial. La troisième fois, claquage en règle dans la rue en plein hiver quand tes jambes sont blanches et hirsutes.

C’est pas que je n’aime pas avoir honte en public mais j’aimerais tout de même pouvoir préserver un peu de dignité.

J’ai oublié de dire qu’à presque 10 euros le bazar qui pète évidemment au moindre accro, ça fait cher, très cher.

Respecter les codes de la féminité, ce n’est pas toujours facile.

En attendant les beaux jours et les belles jambes nues, en cette Saint Valentin, inutile de te dire que je porterai un pantalon. Et puis, je vais mettre mes converses parce que je ne t’ai pas encore parlé des Louboutin.

Lisenn

Ce jour récent où j’ai réalisé que je n’étais plus rancunière.

Ce jour récent où j’ai réalisé que je n’étais plus rancunière.

Il n’y a même pas quelques semaines, je constatais dans un sentiment d’étrangeté le plus total que je ne possédais plus aucune rancoeur.

C’est un phénomène nouveau car , encore très récemment, j’avais parfois l’impression de faire partie de ces gens qui disent pardonner mais qui en réalité portent encore de la colère et de la tristesse ( donc de la rancœur) à l’égard d’un autre ou de la vie tout simplement.

La rancoeur, c’est quand tu possèdes dans ta tête un grand tableau imaginaire où tu fais tes comptes malsains de qui de toi ou de l’autre a fait le plus de mal. Au final, tu te punis parce qu’au fond c’est à toi-même que tu en veux de ne pas avoir su gérer certains moments de crises ( conjugales, familiales, amicales …)

Je pardonnais ou plutôt j’essayais sans avoir l’impression que tous les protagonistes de mon cerveau fassent de même. Pourquoi? Parce que la mémoire de moments douloureux revenait sous forme de flashbacks invasifs et incontournables.

Je ne sais pas si c’est mon année 2016 qui a achevé toute forme de sentiment négatif à l’égard de ceux que j’ai aimé et qui ont parfois pu me faire du mal (sans le vouloir). Et en plus, nous sommes tous à un moment ou à un autre maladroit ou pas sympa avec quelqu’un qu’on apprécie. Juste comme ça, parce qu’à ce moment précis on est à côté de la plaque, maladroit ou soi-même en souffrance.

Je ne sais pas si c’est le travail que j’ai dû faire sur moi-même pour exercer mon métier qui amène les plus grands changements à la toute fin. Toujours est-il que ce sentiment désormais disparu m’offre une grande liberté. Celle d’aimer librement sans avoir peur de souffrir, celle d’aimer et d’accepter que l’autre n’est pas obligé de faire de même, celle de pardonner réellement sans attendre que la personne concernée puisse avoir envie de la faire, accepter les choses telles qu’elles sont et y voir le positif.

C’est fou ce que la rancoeur est en fait de l’amour ( passionnel ) déguisé, on aime tellement qu’on en attend trop et mal ( et des actes qu’on ne devrait pas attendre de qui que ce soit ). Finalement, elle nous lie plus que jamais à l’autre et lui offre une part non négligeable d’influence (bien malgré lui) sur notre condition psychique du moment.

Et d’un seul coup, on prend conscience qu’on arrête aussi de s’en vouloir à soi-même, et ça, ben c’est franchement magique.

Parfois ça me fait flipper tout ce changement. Je me dis que ça y est; j’ai une tumeur du lobe frontal qui annihile mon système neurologique de base dont le premier symptôme est un changement de comportement ou de personnalité. Après tout, le produit qu’on m’a injecté dans l’œil pour traiter l’OVCR était expérimental.

Dans tous les cas, qu’est ce que c’est bon …

Et comme dirait le pape de la chanson rnb lova lova, I believe i can fly, I believe i can touch the sky.

Essaye d’être un peu plus doux avec toi-même, tu verras c’est pas mal. C’est même carrément jouissif.

Lisenn

 

Bienvenue chez Pokaa, mémé !

Bienvenue chez Pokaa, mémé !

En décembre, je rejoignais, avec bonheur et malice, l’équipe du blog/magazine strasbourgeois Pokaa.

https://www.pokaa.fr/

Si j’ai vite saisi que nous allions bien nous entendre, j’ai aussi pigé quasi instantanément que … que ….ben tu vois quoi ? Que je suis la plus âgée de l’équipe (sanglots). Plus âgée d’un point de vue purement arithmétique, mais aussi parce que j’ai  un vieux chien qui sent la croûte de fromage (entre autres).

J’espère bien pouvoir profiter de ce statut officiel de grand-mère de la rédaction pour pouvoir jouir de tisanes à volonté et asseoir mon droit de cuissage régulier. Mais plus sérieusement, une idée me glace : suis-je une jeune vieille ou une vieille jeune ?

Cet article est pour toi, le jeune trentenaire nostalgique qui comme moi te rend compte tous les jours que oui tu as vieilli et que tes vacances pour fêter ton bac au Cap d’Agde sont bien loin.

Jeune tout court, cet article est pour toi aussi. Tu pourras grâce à lui te préparer à ce qui t’attend.

Tu vas commencer ton périple au pays des trentenaires « vieux-pas vieux », le jour où tu n’auras plus droit à ta carte sncf 12-25 ans (extensible jusqu’à 28 ans). Ainsi tes 25 ans révolus, la société te considèrera comme un nanti suffisamment riche pour payer plein pot (le ciné, le coiffeur, les transports, enfin tout quoi ) jusqu’à ce que tu accèdes à la carte Vermeil. Entre les deux, il s’en passera des choses.

Tu découvriras dans un second temps que tu tiens vachement moins bien l’alcool, pire associé au manque de sommeil. Jusqu’au jour où tu devras te coucher à 23H00 pour avoir tes 7 heures de sommeil sous peine de «  passer une mauvaise semaine au travail ».

Mais finalement est-ce qu’on doit être vraiment nostalgique de ces privilèges perdus ?

La société qui nous voit comme vieux à partir de 25 ans. De quelle façon est exploitée cette nostalgie bien moche ?

Je suis souvent amusée ou désespérée de voir que les médias en font leur fonds de commerce favori. Ainsi j’ai pu voir sur TF1 ( en redif sur HD1 régulièrement) une émission intitulée  » premier amour ». Les candidats cherchent à renouer avec leur premier amour perdu. Évidemment, ça ne marche pas. Si le fantasme ne vieillit pas, José du camping des flots bleus à Palavas, lui qui était si fringuant à 19 ans, est devenu un homme de son âge, épongeant it le moindre excès alimentaire à grand renfort d’oxyboldine ou de citrate de bétaine . Le taux d’échec de cette émission doit avoisiner les 100 %.

Et bien sûr, à trop vivre dans le passé, on ne vit jamais au présent. Mais que cherche-t-on? Ce qu’on estime être une meilleure version de soi-même? Plus beau, plus jeune, plus dynamique….un jeunisme en quelque sorte. La chute n’en sera que plus dure, car à attendre qu’on redevienne celui ou celle d’avant, on ne se voit pas vieillir réellement. L’âge est une chance de s’apaiser et de vivre au présent.

Si tu as des parents ou grands-parents nostalgiques, titulaires exécutifs du « c’était mieux avant » ou « quand j’étais jeune », il y a de fortes chances que ce dédain du présent te soit transmis en héritage. Le grand drame des malheureux trentenaires qui souffrent de nostalgie est que le futur leur paraît trop compliqué à imaginer sereinement, alors à atteindre. Ce qui génère bien souvent une terrible propension à la procrastination. Tout remettre au lendemain. On rêve sa vie plutôt que de la vivre. Quintessence au Japon avec les Hikikomori. Alors, on ressort sa vieille console, on écoute les vieux génériques de ses dessins animés préférés, on met ses Stan Smith (les vrais). Du coup, on fait du Matt Pokora avec du Goldman ou du Claude François, du Jenifer avec du France Gall…. Ce que l’on imagine du neuf avec du vieux. On fantasme sur les retrouvailles avec son amour de collège. La confrontation avec le réel permet de grandir, d’accepter la perte de son enfance pour devenir adulte. Un des rôles bénéfiques des réseaux sociaux est que l’on s’y voit, changer, construire, parfois perdre. Vivre dans le souvenir n’y est plus possible. Quoique, on cherche tant à vouloir y donner une bonne image de soi-même que l’on peut aussi y perdre tout sentiment de réalité.

Vieillir ne sera pas si terrible. Qu’on se le dise. Mais qu’est ce qui te semble le pire, être un jeune vieux ou un vieux jeune ?

Et longue vie à Pokaa!

Lisenn