Un an sans sucre, sans lait, sans café ….

Un an sans sucre, sans lait, sans café ….

Dimanche dernier, je me suis réveillée dans le blanc, avec cette furieuse certitude que mon occlusion de la veine centrale de la rétine était de retour. Jeudi, confirmation du spécialiste de la rétine. She’s back.

Je t’ai déjà parlé de ma rencontre charmante avec cette pathologie dans cet article. Storytime #2: 2016, mon année pas super jojo !

Et je me permets de te mettre une fiche sur ce qu’est ce petit acronyme OVR. http://www.asso-ovr.fr/occlusion-veineuse-retinienne

Si tu as la flemme de le lire, je te fais un pitch. En gros, pour une raison en général inconnue, ta vision baisse brusquement parce que ton œil n’est plus correctement vascularisé. Un organe qui n’est plus correctement vascularisé, ne respire plus. Du coup, si c’est une occlusion massive, tu peux dire au revoir à ta vision.

J’ai un facteur de risque, une intolérance à l’hypoxie, traitée. Je ne devrais donc pas faire une rechute. Manque de bol, ça rechute. Pour le moment, j’ai une certaine chance, ma vue ne disparait jamais de façon flagrante ( sauf le matin). Mais j’appréhende un matin de me réveiller et de voir mon oeil (ou les deux sait-on jamais) trop abîmé pour voir encore quoique ce soit.

Comme on ne peut traiter que les conséquences de ce truc (et encore) mais pas la cause. J’ai donc décidé d’appliquer en plus des conseils médicaux que j’avais déjà, des nouveaux conseils d’hygiène de vie.

L’an dernier en discutant avec la maman de mon ami sudiste, j’ai découvert qu’elle avait drastiquement amélioré son pronostic de vie qui était très péjoratif en refusant de prendre le traitement qu’on lui proposait pour une maladie auto-immune du foie et en appliquant le régime Seignalet. Elle a gagné trois ans déjà et j’ai bel espoir que ça persiste. Je ne me vois pas appliquer ce régime (car super strict) mais je suis décidée à arrêter de faire l’autruche sur mon alimentation déplorable depuis ma grossesse et de prendre enfin les choses à bras le corps. Au pire, ça ne fonctionne pas mais j’aurais essayé, au mieux, j’arriverais à enrayer ce processus.

Des signes inflammatoires, j’en ai foule comme toi. Un rhume/ nez bouché quasi permanent. Des douleurs aux articulations. Des aphtes. Mes yeux ….

On connait les méfaits du sucre et son impact sur la santé de la population mondiale depuis les années. Pourtant, je tiens à mon déni et je continue à manger quotidiennement, sucre, bonbons, chocolat, gâteaux…. Je suis aussi devenue une grande consommatrice de café. Je n’ai jamais été une grande buveuse de lait mais il y en a quasi systématiquement dans mon café.

J’ai donc décidé d’arrêter le sucre (raffiné et bien sûr l’alcool), le lait et le café pendant un an.

Je réduirais les fromages ( ça va être très compliqué) , la viande et mon apport en sel ( mon autre vice favori).

Pourquoi la viande, car ils commencent à publier des articles sur régime hyperprotéiné et impact sur l’ovr. Mon spécialiste m’a aussi dit de bien m’hydrater pour améliorer la fluidification sanguine j’imagine.

Je vais souffrir car je suis une junky du sucre et j’avais tout donné pendant la grossesse où je tournais à au moins une glace et une pâtisserie par jour.  Je t’avoue que je n’ai pas de problème de poids, mais je ne suis pas sûre qu’avec mon alimentation je sois en bonne santé si tu creuses un peu le truc.  J’ai arrêté le café il y a deux jours et je suis déjà en manque, j’ai passé ma nuit à avoir des insomnies, et ça en addictologie on sait que c’est un symptôme possible de sevrage.  J’ai dit au revoir au sucre hier soir, en prenant mon dernier diabolo citron (bye bye mon ami depuis l’enfance). Je me suis gavée une dernière fois de chocolat de Pâques.

Je t’écris cet article d’une part, pour te prendre à témoin, comme ça je devrais assumer mes hypothétiques écarts face à toi. Ensuite, je suis sûre que ça intéressera tout ceux qui n’ont comme quoi jamais osé sauter le pas, je suis votre cobaye. Je tiendrai un journal de bord de mes sensations, émotions, espoirs et désespoirs.

Nous sommes, le 22 avril, jour officiel du commencement. Ce soir, j’ai une soirée, ça va tout de suite tester ma volonté.

Goddbye sugar, deep in my heart, i still love you.

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

Lorsque j’étais enceinte, j’ai eu envie d’essayer pas mal de disciplines pour profiter pleinement de ce petit être qui grandissait en moi. Cela m’a permis de me sentir pleinement enceinte et c’était d’autant plus nécessaire que j’ai travaillé jusqu’au bout de mon terme ( je travaillais encore le vendredi, j’ai accouché le dimanche). J’ai beau avoir pris 25 kg  et avoir vu un pote changer de couleur dans la rue tellement j’étais énorme, la grossesse reste une belle expérience.

J’ai commencé par essayer de la sophrologie prénatale (celle de Constance Kreintz). Énorme fou rire, le jour où des copains étaient venus manger à la maison. J’avais mis mon ipod en mode shuffle et d’un coup, silence,  « ressentez votre périnée ».

La sophrologie prénatale m’a permis d’appréhender les nausées du début de grossesse. Je me souviens que parfois je regardais le patient en face de moi en me disant  « ne vomis paaaaaas, ne vomis pas pitiéééé ». Compliqué. Quand le bébé a commencé à bouger, la sophrologie a pris tout son sens. Je le voyais comme un moment de conscientisation de ma grossesse. Merveilleux.

J’ai ensuite fait du chant prénatal. C’est à ce moment que tu as le droit de dire que je me suis transformée en mère hippie pendant ma grossesse, c’est vrai. Et encore, je ne t’ai pas dit que ma prof/sage femme nous faisait ce cours avec un instrument de la culture indienne dont j’ai oublié le nom.

Ensuite, j’ai décidé de faire une formation à l’hypnose prénatale pour mieux appréhender  la douleur avant la fabuleuse péridurale (hippie mais pas trop hein). Les cours étaient dispensés par l’anesthésiste de la clinique où j’allais accoucher. Il m’explique différentes techniques de visualisations.Notamment celle de me projeter dans une image-refuge, un endroit qui m’apaiserait particulièrement.

Cet endroit je t’en ai déjà parlé là. Mon moment bountyimg_1955

Et cette photo prise avec mon téléphone tout pourri ne rend pas du tout justice à la beauté du lieu.

Je visualisais donc cet endroit magique pour moi qu’on appelle le Boulidou. Je m’y vois assise sur un des grands rochers qui surplombe l’eau. Je sens le soleil brûlant sur ma peau, le chant assourdissant des cigales, le vent méditerranéen souffler dans mes cheveux, le froid glacial de l’eau paralyser mes pieds. Ce simple souvenir sensoriel suffit à m’emmener ailleurs. Si un jour, on arrive par la technologie à nous faire ressentir des sensations agréables qu’on a déjà connu, le paradis sera à notre porte. L’anesthésiste m’a fait rire, me sentant particulièrement à l’aise avec la technique. Il m’a proposé de faire un reportage avec Arte sur mon accouchement sous hypnose. Comment te dire, cher ami, que la magie du moment doit être présente dans ta tête qui reconstruit joliment les choses non pas sur la brutalité réelle d’un écran.

Cette visualisation est une expérience sensuelle au sens le plus pur du terme. Celle qui représente l’attachement aux plaisirs des sens. La sensualité n’est pas obligatoirement liée à la sexualité mais son pouvoir est édifiant. Tu arrives à ressentir par ton corps en te souvenant de ce que tu as expérimenté à ce moment là.

Ce qui est dommage dans une société où on valorise l’intelligence universitaire ou scientifique, on perd ce lien et ce pouvoir fabuleux de ressentir grâce à son corps.

On a le pouvoir de s’évader à tout moment grâce à l’alliance du corps et de l’esprit. Mais pour que le corps se souvienne, il faut au préalable qu’il ait été autorisé par l’esprit à pleinement ressentir l’intensité du moment. Pas si facile, car bien souvent les ressentis du corps sont bloqués très tôt par la censure morale de la société qui ne nous désire pas « sensuels » mais « normés » et donc distants de nos corps.

Tu le sens , ce rayon chaud du soleil sur ton visage quand tu fermes les yeux toi? Hmmmm.

Lisenn

 

 

Collants, bas & bas autofixants, je vous maudis.

Collants, bas & bas autofixants, je vous maudis.

En cette Saint Valentin, tu ne seras pas la seule à te faire épiler le maillot (avec beaucoup d’élégance) et à sortir le grand jeu pour séduire le mâle ou la donzelle qui rêve de s’acoquiner avec toi. Et c’est à ce moment précis qu’entrent en jeu toutes les diableries ( Christine Boutin, sors de ce corps), francheluches, et dentelles.

Les magasins de lingerie vont traditionnellement faire leurs bénéfices autour de la fête du cul de l’amour.

Mais voilà, les femmes sont l’objet de souffrance quotidienne. Par exemple lorsque tu décides de mettre une jupette ou une robe. Tu dois choisir entre:

Les immondes collants: le plus moche de tous, rarement confortable, possède une furieuse tendance à te serrer le bide ou alors à descendre joyeusement le long de tes reins pour te permettre d’adopter une magnifique démarche de canard boiteux pour éviter de les perdre. Tu seras d’accord pour dire, porteuse de collants, que même les mannequins rachitiques de la pub de Dim n’ont pas l’air gégé à courir nues juste avec des collants sur la plage.

Les bas avec porte-jarretelles: sans conteste considéré comme le plus sexy mais bon sang qu’est ce que c’est inconfortable! Déjà si tu veux te rendre aux toilettes, tu dois avoir eu l’intelligence de fixer tes bas avant d’enfiler ta culotte sous peine de ne plus jamais être capable de les remettre seule. Quand tu t’assoies, les fixations te rentrent dans la peau de façon à bien appuyer partout et te donner l’apparence d’un rôti de porc ficelé lorsque tu les ôteras. Généralement tu passeras 15 minutes à suer seule dans ta salle de bain à essayer de les mettre.

Les bas autofixants: la fausse bonne idée. D’apparence, c’est la solution qui te semblera la meilleure (la moins pire). C’est joli et ça ne te saucissonne pas. Le bas se tient tout seul avec deux bandes de silicone au dessus de la jarretelle. Sauf que, j’ai suis maudite par les bas autofixants. Chaque fois que j’ai mis ces foutus bas je me suis retrouvée à un moment avec cette petite bande de silicone qui pète et qui fait que le bas descend joyeusement jusqu’à ta cheville dans le ridicule le plus total. La première fois où le drame est arrivé, j’étais dans les couloirs de la faculté à l’Institut Le Bel. Mon bas décida de se faire la malle à l’heure de l’intercours devant 500 étudiants amusés, eux , de l’évènement. La deuxième fois, présentation professionnelle devant mon patron de l’époque, zwip le bas. Gros fou (contenu) rire de mon patron et de son commercial. La troisième fois, claquage en règle dans la rue en plein hiver quand tes jambes sont blanches et hirsutes.

C’est pas que je n’aime pas avoir honte en public mais j’aimerais tout de même pouvoir préserver un peu de dignité.

J’ai oublié de dire qu’à presque 10 euros le bazar qui pète évidemment au moindre accro, ça fait cher, très cher.

Respecter les codes de la féminité, ce n’est pas toujours facile.

En attendant les beaux jours et les belles jambes nues, en cette Saint Valentin, inutile de te dire que je porterai un pantalon. Et puis, je vais mettre mes converses parce que je ne t’ai pas encore parlé des Louboutin.

Lisenn

Ce jour récent où j’ai réalisé que je n’étais plus rancunière.

Ce jour récent où j’ai réalisé que je n’étais plus rancunière.

Il n’y a même pas quelques semaines, je constatais dans un sentiment d’étrangeté le plus total que je ne possédais plus aucune rancoeur.

C’est un phénomène nouveau car , encore très récemment, j’avais parfois l’impression de faire partie de ces gens qui disent pardonner mais qui en réalité portent encore de la colère et de la tristesse ( donc de la rancœur) à l’égard d’un autre ou de la vie tout simplement.

La rancoeur, c’est quand tu possèdes dans ta tête un grand tableau imaginaire où tu fais tes comptes malsains de qui de toi ou de l’autre a fait le plus de mal. Au final, tu te punis parce qu’au fond c’est à toi-même que tu en veux de ne pas avoir su gérer certains moments de crises ( conjugales, familiales, amicales …)

Je pardonnais ou plutôt j’essayais sans avoir l’impression que tous les protagonistes de mon cerveau fassent de même. Pourquoi? Parce que la mémoire de moments douloureux revenait sous forme de flashbacks invasifs et incontournables.

Je ne sais pas si c’est mon année 2016 qui a achevé toute forme de sentiment négatif à l’égard de ceux que j’ai aimé et qui ont parfois pu me faire du mal (sans le vouloir). Et en plus, nous sommes tous à un moment ou à un autre maladroit ou pas sympa avec quelqu’un qu’on apprécie. Juste comme ça, parce qu’à ce moment précis on est à côté de la plaque, maladroit ou soi-même en souffrance.

Je ne sais pas si c’est le travail que j’ai dû faire sur moi-même pour exercer mon métier qui amène les plus grands changements à la toute fin. Toujours est-il que ce sentiment désormais disparu m’offre une grande liberté. Celle d’aimer librement sans avoir peur de souffrir, celle d’aimer et d’accepter que l’autre n’est pas obligé de faire de même, celle de pardonner réellement sans attendre que la personne concernée puisse avoir envie de la faire, accepter les choses telles qu’elles sont et y voir le positif.

C’est fou ce que la rancoeur est en fait de l’amour ( passionnel ) déguisé, on aime tellement qu’on en attend trop et mal ( et des actes qu’on ne devrait pas attendre de qui que ce soit ). Finalement, elle nous lie plus que jamais à l’autre et lui offre une part non négligeable d’influence (bien malgré lui) sur notre condition psychique du moment.

Et d’un seul coup, on prend conscience qu’on arrête aussi de s’en vouloir à soi-même, et ça, ben c’est franchement magique.

Parfois ça me fait flipper tout ce changement. Je me dis que ça y est; j’ai une tumeur du lobe frontal qui annihile mon système neurologique de base dont le premier symptôme est un changement de comportement ou de personnalité. Après tout, le produit qu’on m’a injecté dans l’œil pour traiter l’OVCR était expérimental.

Dans tous les cas, qu’est ce que c’est bon …

Et comme dirait le pape de la chanson rnb lova lova, I believe i can fly, I believe i can touch the sky.

Essaye d’être un peu plus doux avec toi-même, tu verras c’est pas mal. C’est même carrément jouissif.

Lisenn

 

Mais c’est quoi cette pub Kinder ?

Mais c’est quoi cette pub Kinder ?

Depuis 2014, Kinder nous gratifie d’une des publicités les plus mauvaises que l’on ne peut hélas même pas attribuer au manque de moyen ( Kinder …c’est pas Château d’Ax) , cette médiocrité est donc nettement moins excusable.

Ce qui me reste de ma primo-formation en communication, c’est ce plaisir à décrypter les plans de com, les lignes éditoriales.

Ben, là, cette publicité pour Kinder Bueno est un trésor de tout ce qu’il ne faut pas faire en com. Je te laisse juger par toi même si tu n’as pas vu cette pub. pub kinder bueno en vidéo

Attention disclaimer : si c’est ta pub préférée du moment, tu peux arrêter la lecture ici.

La pub utilise toujours des clichés dont elle se sert comme tremplin pour valoriser le produit. Les excellentes publicités Ikea  » reprenez votre place à table » sont des exemples de ce qu’il faut faire pour valoriser ta marque et pourtant cette série utilise énormément de clichés très délicats à manipuler notamment les nudistes ou plus récemment le divorce pub ikea

Ils utilisent très intelligemment des codes modernes, la garde partagée aurait vraiment pu être un sujet extrêmement casse-gueule à cause de sa valence négative et douloureuse.

Revenons à notre pub Kinder Bueno, aujourd’hui elle passe toujours à la télévision. Un adolescent dit à son père que sa mère a abîmé sa voiture pour récuperer son bueno. suit ensuite le « super » slogan « Kinder bueno, si bon qu’on en deviendrait méchant ».

C’est quoi ce délire ? de toutes les valeurs que tu peux vouloir véhiculer sur ta marque , je doute que la méchanceté soit la meilleure à choisir. On peut le faire mais dans ce cas , il faut s’entourer d’une excellente équipe de communication. le fini de cette publicité est clairement ringard, ça rend les acteurs mauvais et ne les valorise pas. Il y a de ça plusieurs années, Orangina avait choisi cet angle pour promouvoir la gamme Orangina rouge( Young et Rubicam)pub orangina rouge. La publicité était exceptionnelle avec un slogan  » mais pourquoi est-il si méchant? » .L’originalité de la pub et le choix d’un personnage fictionnel permettait un humour au centième degré et donc une identification possible de la part du consommateur.

Kinder n’a pas quitté il y a si longtemps que ça , son packaging au petit enfant blond allemand. Il n’y a pas si longtemps, ils nous gratifiaient déjà d’une mauvais publicité avec le pauvre Tsonga dont le métier est de faire du tennis pas de la comédie.

La pub dont on parle est bien évidemment sexiste ( la mère qui abîme la voiture youpi) mais bien trop premier degré pour que ce soit drôle.

Pour se racheter , ils ont décider de faire des publicités en partenariat avec des youtubers influents et drôles comme Jérôme Niel. Ces pubs ne sont jamais passées en TV et c’est toujours cette superbe ringardise qui passe. Les publicités radio ne sont pas mieux: voix insupportables, thème dégradant.

Bon Kinder, Quand est-ce que vous changez votre ligne de com sur le bueno ? Je sais que votre coeur de cible est le public adolescent mais je ne suis pas vraiment sûre que ce ne soit pas ringard pour eux aussi .

Et toi , quelle est ta pub préférée du moment?

à très vite,

Lisenn

pub kinder bueno

Pour que ton couple dure, pas la peine d’envoyer « love » au 88500

Pour que ton couple dure, pas la peine d’envoyer « love » au 88500

En amour, pas de lois, pas de règles ….tu es ton propre maître et tes choix sont les bons. Personne ne sait mieux que toi-même ce qui est bon. Cet article est un questionnement sur la vision de l’amour dans la société actuelle où les gens connaissent parfois des séparations et des divorces douloureux. Le regard sur ces séparations est souvent lourd et culpabilisant. Tu étais probablement et sincèrement persuadé qu’une de tes relations ne connaîtrait jamais de fin. Il y a quelques exceptions qui nous permettent de questionner la règle, ses amours de jeunesse qui durent et grandissent dans le temps. Est-ce que ça doit nous faire rêver toi et moi?

Je suis toujours attentive au regard que mes patients portent sur le couple. Mes proches relaient bien souvent les tendances qui se dessinent dans les esprits des uns et des autres. Le point précis dont j’aimerais discuter est cette notion que l’on connaît tous du  » pour toujours ».

Pour beaucoup d’entre nous, et certainement parce qu’on a bouffé du Disney et autres comédies hollywoodiennes à l’eau de rose, le graal du couple serait d’avoir la certitude qu’on est avec « THE » personne qu’on aimera « pour toujours ». Il me semble pourtant que cette notion porte quelque chose de délétère, ce que l’on appelle en blabla de psy, mortifère. C’est à dire que de se dire  » toujours » pourrait justement pousser le couple à l’échec.

J’entends de loin déjà les questions se poser  » oui, mais si on veut construire/ se marier/ avoir des enfants »? Et bien justement, si nous tentions de remplacer la notion de toujours par quelque chose de plus porteur d’espoir, quelque chose qui permettrait de vivre une belle histoire d’amour en profitant du temps présent. Remplaçons ce  » je t’aime pour toujours » par  » je t’aime aujourd’hui ». Ceci permet de construire une vie à deux sans pour autant rentrer dans une forme d’acquisition de l’autre.

L’ennemi du désir est justement de ne plus avoir ce moteur qui nous pousse chaque jour à prendre soin de soi et de l’autre. L’emplâtre du  » pour toujours » ne viendrait que calmer de façon illusoire la peur de perdre l’autre. Le propre de l’être humain est qu’il ne peut contrôler les sentiments de son semblable, aussi injuste cela puisse paraître parfois. Se faire quitter par quelqu’un que l’on aime est une expérience aussi douloureuse que violente. Si bien que si l’on y prend pas garde, on peut mettre celui qui s’en va sur un piédestal et soi-même tomber dans un trou de narcissisme où l’on nourrit une mauvaise image de soi.

Si la route est longue pour accepter que l’on ne contrôle pas les sentiments de l’être aimé et que l’on peut le ou la perdre, être capable d’accepter que l’on a pas de prise sur tout est certainement le meilleur cadeau que l’on puisse se faire. Aussi parce que l’on peut s’autoriser à prendre le risque d’être pleinement soi-même.

Allez , profites-en pour faire des bisous à ton/ta moitié. Ou à toi-même, parce que t’es pas mal non plus.

Lisenn

Dois-tu vraiment avoir de bonnes résolutions ?

Dois-tu vraiment avoir de bonnes résolutions ?

Chaque début ou fin de quelque chose ( d’année, fin d’année, début de vacances, rentrée), j’entends le discours trop souvent coupable des bonnes résolutions….  » Cette année, régime! », « J’arrête de fumer »,  » je fais du sport », considérations ancrées dans le réel ou plus immatérielles parfois,  » cette année, je le quitte »,  » j’arrête d’être timide », « je vis ma vie ». Il est bien difficile de tenir ces beaux projets. Mais pourquoi?

Petit exemple. Tu aimes (trop) manger (ne t’en fais pas, moi c’est pareil), tu sais que ce n’est pas raisonnable. Comment serait-il possible d’envisager un régime qui s’apparenterait dans ton imaginaire à une forme d’ascétisme, aussi bien gourmand que moral? La nourriture ne représente que rarement votre carburant physique pour vivre. C’est le plaisir du partage en famille, entre amis, votre rapport à mamie Huguette, votre gâteau-consolation des jours de pluie, votre cornet de glace du dimanche ensoleillé. Ainsi la nourriture comme ta cigarette est associée à un monde imaginaire de plaisir et de réconfort. Devenir (trop) raisonnable reviendrait au mieux à renoncer aux cortèges de doux plaisirs associés à ta gourmandise. Au pire, ton esprit te siffle à l’oreille que tu es en train de devenir un vieux con, plus rock’n’roll pour un sou, et que bientôt tu te surprendrais à manger des brocolis cuits à l’eau de Vichy dans un peignoir en pilou-pilou devant Canteloup après le jt. Le régime n’existe pas. Il faut avoir compris ces liens émotionnels pour pouvoir manger comme on le voudrait et sans excès

Ta cigarette porte aussi ce plaisir… Avec ton journal et café , seul(e) dans ta voiture le matin, en soirée avec tes potes.

Le « demain, j’arrête » est probablement la meilleure façon d’attiser le désir. Sois sympa avec tes michettes, la vie n’est pas aussi simple que de s’y donner un grand coup de pied pour cesser de subir un plaisir coupable. D’une part, parce que tu l’aimes autant qu’il te fait souvent braire. D’autre part, parce qu’il va falloir « dépassionnaliser » ce plaisir pour pouvoir être libre d’y céder ou non. Bien entendu, personne ne peut le faire à ta place, mais, ce n’est pas une raison pour te torturer.

Si tu aimes fumer, il y a peu de chance que tu arrêtes de fumer car c’est  » mauvais pour ta santé ». Le jour où la cigarette te dégoûtera profondément, l’envie de fumer s’estompera d’elle-même.

La meilleure résolution pourrait être de ne pas en prendre, de te laisser le temps de vivre et de laisser les choses se faire.

Allez, on se fait la bise.

Lisenn