L’ordonnance de ta psy: Playlist spéciale « Paye ta rupture ».

L’ordonnance de ta psy: Playlist spéciale « Paye ta rupture ».

Je te propose une playlist qui va reprendre les étapes du deuil afin de t’accompagner au mieux dans cette rencontre douloureuse avec la dure réalité de la rupture amoureuse . BIM!

Elizabeth Kübler-Ross a identifié 7 étapes au processus de deuil. Je t’invite d’ailleurs à aller te renseigner sur la vie de cette femme qui était fascinante.

Retour à nos moutons noirs, sors tes kleenex, prépare ton pot de Nutella et ta bombe de Chantilly : on va affronter ça ensemble.

1Le Choc : L’annonce d’une rupture, conduisant normalement à un constat sans appel, tu vois la personne en face de toi comme pétrifiée. On parle de sidération. C’est ce moment où tu peux ressentir comme une très agréable sensation de poignard dans le creux du bide. Ou alors de te sentir statufié irrémédiablement dans un corps qui ne veut plus bouger d’un pouce. Quelle douce sensation. Hmmmm. Je te propose d’écouter un bon vieux classique de Justice qui illustre à merveille le sentiment de te sentir ratatiné  par un troupeau de tyrannosaures.

2Le Déni : Ton esprit va refuser ce qui se passe. C’est là que j’ai déjà pu entendre dans mon cabinet  » Non, mais il me quitte pour préparer sa demande en mariage, c’est sûr! » . Et oui, c’est ce moment où ton cerveau et surtout ton cœur sont prêts à croire les balivernes que tu vas te raconter à toi-même. C’est le temps de la discussion entre toi et toi-même ou avec les autres qui vont souvent te regarder avec des gros yeux face aux énormités que tu vas sortir. Certaines personnes s’enferment dans cet état de déni, de refuge pour conserver dans une petite boîte ; le fait de ne pas vouloir y croire.

J’ai choisi une chanson que je trouve, personnellement, super flippante depuis toujours. Celle de Zazie, Homme sweet homme qui parle bien de ce côté complètement malade de cette phase de déni.

3La colère : Je sens que je ne vais pas avoir besoin de te l’expliquer. Tu te vois évidemment avec une batte de baseball ou le club de golf de ton dentiste défoncer une série de voitures innocemment parquées dans la rue. C’est le moment du défoulement. Et là, je ne peux pas te conseiller meilleure chanson que celle de The Hives, Hate to say i told you so.

4La tristesse : Je te conseille de t’acheter de très très jolies boîtes de Kleenex pour te rendre cette étape moins douloureuse et d’investir dans un tube d’homéoplasmine pour sauver tes narines endommagées par le frottement répété avec le mouchoir. La voix du chanteur de Foals a déjà tendance à m’émouvoir sans effort. Et là, le clip est juste magnifique.

 

 

 

 

 

 

5La résignation : C’est ce moment si précieux où tu déposes les armes, conscient que plus rien ne peut être fait pour sauver ou changer la situation. Souvent, à ce moment, la fatigue t’envahit avec cette horrible sensation qu’un 3 tonnes vient de se poser délicatement sur ta poitrine pour ne plus en bouger jusqu’à ce que tu sois moins fatigué. Souvent c’est aussi une phase de rejet,  » je te connaitrais plus jamais l’amour… ».

6L’acceptation : C’est ce moment où tu commences peu à peu à redevenir toi-même et à retrouver progressivement conscience et confiance en toi. Tu te souviendras des bons moments et plus que des mauvais.  Et j’ai choisi une petite nouveauté dont je suis fan pour illustrer cette émotion.

 

 

 

 

 

7La reconstruction : L’acceptation seule ne suffit pas. Grâce à cette épreuve, tu vas découvrir des trésors de ta personnalité que tu ne soupçonnais pas jusqu’ici.  L’être humain est un miracle d’adaptation, il est fait pour ça. Aussi douloureux que ça puisse être, nous sommes résilients, c’est comme ça. Chaque expérience (bonne ou mauvaise) te rend meilleur si tu la dépasses, c’est un fait percutant et inéluctable.

Je t’ai choisi trois chansons toutes fraîches qui me font du bien.

 

 

 

 

 

 

Allez je t’embrasse bien fort. Tout passe. TOUT

Lisenn

PS: je remarque, qu’étrangement, j’ai choisi des chansons anciennes pour illustrer les premières étapes et toute récentes pour les dernières. Illustration parfaite de l’esprit en mouvement.

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

La sensualité, ton pouvoir fantastique sous-estimé.

Lorsque j’étais enceinte, j’ai eu envie d’essayer pas mal de disciplines pour profiter pleinement de ce petit être qui grandissait en moi. Cela m’a permis de me sentir pleinement enceinte et c’était d’autant plus nécessaire que j’ai travaillé jusqu’au bout de mon terme ( je travaillais encore le vendredi, j’ai accouché le dimanche). J’ai beau avoir pris 25 kg  et avoir vu un pote changer de couleur dans la rue tellement j’étais énorme, la grossesse reste une belle expérience.

J’ai commencé par essayer de la sophrologie prénatale (celle de Constance Kreintz). Énorme fou rire, le jour où des copains étaient venus manger à la maison. J’avais mis mon ipod en mode shuffle et d’un coup, silence,  « ressentez votre périnée ».

La sophrologie prénatale m’a permis d’appréhender les nausées du début de grossesse. Je me souviens que parfois je regardais le patient en face de moi en me disant  « ne vomis paaaaaas, ne vomis pas pitiéééé ». Compliqué. Quand le bébé a commencé à bouger, la sophrologie a pris tout son sens. Je le voyais comme un moment de conscientisation de ma grossesse. Merveilleux.

J’ai ensuite fait du chant prénatal. C’est à ce moment que tu as le droit de dire que je me suis transformée en mère hippie pendant ma grossesse, c’est vrai. Et encore, je ne t’ai pas dit que ma prof/sage femme nous faisait ce cours avec un instrument de la culture indienne dont j’ai oublié le nom.

Ensuite, j’ai décidé de faire une formation à l’hypnose prénatale pour mieux appréhender  la douleur avant la fabuleuse péridurale (hippie mais pas trop hein). Les cours étaient dispensés par l’anesthésiste de la clinique où j’allais accoucher. Il m’explique différentes techniques de visualisations.Notamment celle de me projeter dans une image-refuge, un endroit qui m’apaiserait particulièrement.

Cet endroit je t’en ai déjà parlé là. Mon moment bountyimg_1955

Et cette photo prise avec mon téléphone tout pourri ne rend pas du tout justice à la beauté du lieu.

Je visualisais donc cet endroit magique pour moi qu’on appelle le Boulidou. Je m’y vois assise sur un des grands rochers qui surplombe l’eau. Je sens le soleil brûlant sur ma peau, le chant assourdissant des cigales, le vent méditerranéen souffler dans mes cheveux, le froid glacial de l’eau paralyser mes pieds. Ce simple souvenir sensoriel suffit à m’emmener ailleurs. Si un jour, on arrive par la technologie à nous faire ressentir des sensations agréables qu’on a déjà connu, le paradis sera à notre porte. L’anesthésiste m’a fait rire, me sentant particulièrement à l’aise avec la technique. Il m’a proposé de faire un reportage avec Arte sur mon accouchement sous hypnose. Comment te dire, cher ami, que la magie du moment doit être présente dans ta tête qui reconstruit joliment les choses non pas sur la brutalité réelle d’un écran.

Cette visualisation est une expérience sensuelle au sens le plus pur du terme. Celle qui représente l’attachement aux plaisirs des sens. La sensualité n’est pas obligatoirement liée à la sexualité mais son pouvoir est édifiant. Tu arrives à ressentir par ton corps en te souvenant de ce que tu as expérimenté à ce moment là.

Ce qui est dommage dans une société où on valorise l’intelligence universitaire ou scientifique, on perd ce lien et ce pouvoir fabuleux de ressentir grâce à son corps.

On a le pouvoir de s’évader à tout moment grâce à l’alliance du corps et de l’esprit. Mais pour que le corps se souvienne, il faut au préalable qu’il ait été autorisé par l’esprit à pleinement ressentir l’intensité du moment. Pas si facile, car bien souvent les ressentis du corps sont bloqués très tôt par la censure morale de la société qui ne nous désire pas « sensuels » mais « normés » et donc distants de nos corps.

Tu le sens , ce rayon chaud du soleil sur ton visage quand tu fermes les yeux toi? Hmmmm.

Lisenn

 

 

Bienvenue chez Pokaa, mémé !

Bienvenue chez Pokaa, mémé !

En décembre, je rejoignais, avec bonheur et malice, l’équipe du blog/magazine strasbourgeois Pokaa.

https://www.pokaa.fr/

Si j’ai vite saisi que nous allions bien nous entendre, j’ai aussi pigé quasi instantanément que … que ….ben tu vois quoi ? Que je suis la plus âgée de l’équipe (sanglots). Plus âgée d’un point de vue purement arithmétique, mais aussi parce que j’ai  un vieux chien qui sent la croûte de fromage (entre autres).

J’espère bien pouvoir profiter de ce statut officiel de grand-mère de la rédaction pour pouvoir jouir de tisanes à volonté et asseoir mon droit de cuissage régulier. Mais plus sérieusement, une idée me glace : suis-je une jeune vieille ou une vieille jeune ?

Cet article est pour toi, le jeune trentenaire nostalgique qui comme moi te rend compte tous les jours que oui tu as vieilli et que tes vacances pour fêter ton bac au Cap d’Agde sont bien loin.

Jeune tout court, cet article est pour toi aussi. Tu pourras grâce à lui te préparer à ce qui t’attend.

Tu vas commencer ton périple au pays des trentenaires « vieux-pas vieux », le jour où tu n’auras plus droit à ta carte sncf 12-25 ans (extensible jusqu’à 28 ans). Ainsi tes 25 ans révolus, la société te considèrera comme un nanti suffisamment riche pour payer plein pot (le ciné, le coiffeur, les transports, enfin tout quoi ) jusqu’à ce que tu accèdes à la carte Vermeil. Entre les deux, il s’en passera des choses.

Tu découvriras dans un second temps que tu tiens vachement moins bien l’alcool, pire associé au manque de sommeil. Jusqu’au jour où tu devras te coucher à 23H00 pour avoir tes 7 heures de sommeil sous peine de «  passer une mauvaise semaine au travail ».

Mais finalement est-ce qu’on doit être vraiment nostalgique de ces privilèges perdus ?

La société qui nous voit comme vieux à partir de 25 ans. De quelle façon est exploitée cette nostalgie bien moche ?

Je suis souvent amusée ou désespérée de voir que les médias en font leur fonds de commerce favori. Ainsi j’ai pu voir sur TF1 ( en redif sur HD1 régulièrement) une émission intitulée  » premier amour ». Les candidats cherchent à renouer avec leur premier amour perdu. Évidemment, ça ne marche pas. Si le fantasme ne vieillit pas, José du camping des flots bleus à Palavas, lui qui était si fringuant à 19 ans, est devenu un homme de son âge, épongeant it le moindre excès alimentaire à grand renfort d’oxyboldine ou de citrate de bétaine . Le taux d’échec de cette émission doit avoisiner les 100 %.

Et bien sûr, à trop vivre dans le passé, on ne vit jamais au présent. Mais que cherche-t-on? Ce qu’on estime être une meilleure version de soi-même? Plus beau, plus jeune, plus dynamique….un jeunisme en quelque sorte. La chute n’en sera que plus dure, car à attendre qu’on redevienne celui ou celle d’avant, on ne se voit pas vieillir réellement. L’âge est une chance de s’apaiser et de vivre au présent.

Si tu as des parents ou grands-parents nostalgiques, titulaires exécutifs du « c’était mieux avant » ou « quand j’étais jeune », il y a de fortes chances que ce dédain du présent te soit transmis en héritage. Le grand drame des malheureux trentenaires qui souffrent de nostalgie est que le futur leur paraît trop compliqué à imaginer sereinement, alors à atteindre. Ce qui génère bien souvent une terrible propension à la procrastination. Tout remettre au lendemain. On rêve sa vie plutôt que de la vivre. Quintessence au Japon avec les Hikikomori. Alors, on ressort sa vieille console, on écoute les vieux génériques de ses dessins animés préférés, on met ses Stan Smith (les vrais). Du coup, on fait du Matt Pokora avec du Goldman ou du Claude François, du Jenifer avec du France Gall…. Ce que l’on imagine du neuf avec du vieux. On fantasme sur les retrouvailles avec son amour de collège. La confrontation avec le réel permet de grandir, d’accepter la perte de son enfance pour devenir adulte. Un des rôles bénéfiques des réseaux sociaux est que l’on s’y voit, changer, construire, parfois perdre. Vivre dans le souvenir n’y est plus possible. Quoique, on cherche tant à vouloir y donner une bonne image de soi-même que l’on peut aussi y perdre tout sentiment de réalité.

Vieillir ne sera pas si terrible. Qu’on se le dise. Mais qu’est ce qui te semble le pire, être un jeune vieux ou un vieux jeune ?

Et longue vie à Pokaa!

Lisenn

Dix petits moments de solitude.

Dix petits moments de solitude.

La vie est faite de petits moments de solitude, voici une liste non exhaustive de ceux que j’aurais aimé oublier et puis comme ça peut-être que tu te sentiras moins seul(e). #onsetapetouslahontetôtoutard.

Petite, j’étais tellement contente d’aller au Mac Do (de Thionville de surcroît) , qu’une fois en sortant de la voiture, j’ai crié « Mac Dooooooo » les bras en l’air en courant pour me scratcher violemment dans la porte vitrée. (Sister, si tu passes par là, elle est pour toi celle là).

J’avais un énorme coup de coeur pour un garçon en vacances, l’été de mes 16 ans. Ma mère m’avait acheté un superbe ensemble pantacourt + chemise asymétrique doré. La fierté. Jlo represent. Je le croise dans la rue avec l’espoir qu’il me remarque, il me dit  « Bah dis donc Lisenn, tu pars bientôt sur Mars ? » . Incompréhension de ma mère qui me dit quelques jours plus tard « je ne comprends pas Lisou, tu le voulais tellement cet ensemble. Pourquoi tu ne le mets jamais? » #coeurbriséforever

Tous les moments où tu penses que quelqu’un te fait signe, tu lui réponds mais ce n’est pas à toi qu’il cause. Du coup, il te regarde de travers. Malaiiiiise.

Ma frangine , de 7 ans mon aînée, m’a coursée dans tout le village pour avoir dit à son copain qu’elle s’était rasée les jambes pour lui. Elle m’a évidemment attrapée juste devant la maison et j’ai eu la baffe (méritée) de ma vie dans mon otite . Mon père est sorti, il a mis une baffe à ma sœur (non méritée) et une pour moi (non méritée, hé ho je venais déjà d’en avoir une).

Je me suis endormie sur une plage au Cap d’Agde l’été de mes 18 ans après avoir trop fait la fête. Quatre heures plus tard, j’étais cramée et que d’un côté. Oui, parce que je m’étais endormie sur mon côté droit. J’ai toujours les tâches de soleil de ce jour là à vie.

Mon prof de CM2 avait inventé un mot pour décrire mes étourderies car j’étais constamment dans la lune « les lisenneries ». Vieux con va !

J’ai essayé de draguer le gars à côté de moi pendant le piquet de grève de la fac. Je me suis dit que j’allais faire une blagounette. Chic, le listing des emails qui tournait devant moi. Je prends un nom ridicule au hasard et je lui dis  » Oulàlà , y’a un pauvre mec qui s’appelle J***** C***** .Y’a vraiment des parents qui n’ont pas de coeur hahahaha ». Réponse de l’intéressé; c’est lui. J’ai tenté de m’en sortir avec un « Sois bienvenu au club, je m’appelle Lisenn Gilleron ». Il ne m’a plus adressé la parole pendant mes deux ans de masters. Mec, je te comprends. J’aurais aussi aimé arrêter de me côtoyer à ce moment précis.

Quand, pas du tout à ce que je faisais, j’ai demandé à un patient si son père mort un mois auparavant se portait bien et qu’il a répondu  « ben … il est toujours mort ». La honte, je le savais, j’ai juste fait une phrase automatique. Le métier qui ne pardonne pas.

Quand je me suis brûlée au second degré profond avec un bol de cire chaude et que le médecin qui faisait mes bandages aux mains a dit en riant « heureusement que vous n’avez pas commencé par le maillot hin hin hin ». Les joies de l’humour carabin.

Quand avant de me préparer à sortir le soir, j’ai mis de la crème, du maquillage et du parfum et que je me suis mise à gonfler d’un coup. Le médecin de garde avec son fort accent africain m’a dit « Forcément, vous avez crée une nouvelle substance chimique, ne vous étonnez pas ». Chimy chimy yo chimy yeah chimiste !

La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui j’en ris à m’en rompre le short. La mauvaise, je ne mettrai plus jamais mon ensemble Jlo en lamé. T’es vachement triste, non ? de ne jamais voir ça !

Shame, shame, you know my name.

Lisenn

Mon expérience déroutante de l’assessment center (centre d’évaluation).

Mon expérience déroutante de l’assessment center (centre d’évaluation).

Fin décembre 2016, j’ai été conviée à passer l’épreuve de l’assessment center par une société dont le siège est parisien. J’ai mis un peu de temps avant de réussir à formaliser mon opinion tant l’expérience était déroutante.

Le centre est organisé par Talent people, une société d’intérim du groupe Ergalis, grand professionnel de l’intérim. Ils recrutent pour développer leurs bureaux partout en France. Le recruteur, psychologue du travail, que j’ai eu au téléphone était sympathique et dynamique. Après un entretien téléphonique. Il demande directement un écrit (en plus de la lettre de  motivation et du CV) pour valider ma participation à l’assessment center. C’est bon, je suis prise. Je suis contente, le poste m’intéresse vraiment.

L’assessment center est un centre d’évaluation où l’on va te faire passer une série de tests pour voir si tu es THE candidat qu’il faudrait ( comme dans Officier et Gentleman mais en vraiment moins glamour). C’est un processus de recrutement utilisé par de grandes structures ou des professionnels du secteur.  Talent people se dit d’ailleurs spécialiste de ce type de pratiques.

Je m’y rends donc d’abord avec une grande curiosité d’expérimenter ce genre de protocole de recrutement. Novotel de Strasbourg, 9H00 du matin, buffet de viennoiseries. Nous sommes huit candidats. Au début, tous un peu gênés car peu habitués à l’exercice. Avec vingt minutes de retard, l’équipe de recrutement arrive. Je trouve ça extrêmement mal élevé d’autant que l’équipe ne s’excuse pas. Si l’un de nous avait été à ce point en retard, je suis certaine qu’il aurait été disqualifié d’office.

L’équipe de talent people est composée de quatre personnes. Deux psychologues du travail, la directrice régionale Alsace, et une personne dont je n’ai pas compris la fonction.

On nous explique qu’à partir de ce moment, les participants n’ont plus le droit d’échanger entre eux par peur qu’ils se donnent des informations. Super infantilisant et très informatif sur le rapport à l’humain de la boîte:  » Bouh s’entraider, c’est vilain ». Wow.

On nous explique qu’il y a trois salles et que nous nous retrouverons tour à tour dans différentes situations. On commence par le tour de table. Chacun doit se présenter en trois minutes. Une des psychologues chronomètre (oui-oui tu lis bien) et note notre temps. Là, je commence vraiment à me demander ce que je fais là.

On commence par me demander de me mettre devant un ordinateur pour des tests de QI simplifié et de personnalité pendant quarante cinq minutes. Étant dyscalculique, je sais faire des mathématiques appliqués à la réalité comme la comptabilité, les statistiques. Dès que c’est abstrait, c’est possible mais pas sans calculatrice. Le test de personnalité est une vaste fumisterie car qui va répondre à l’affirmation  » je n’aime pas partager avec les autres « : « cela me correspond tout à fait ». Il ne faut pas être un grand manipulateur pour savoir quoi répondre. La quiche de Talent People a oublié de brancher mon ordinateur, dix minutes pour le rebrancher et les résultats de mon QI faussés. Merci madame!

J’ai un premier entretien avec la psychologue du travail. Devant ses notes, jeune, mignonne, froide comme un glaçon et ça a l’air de tellement la blaser d’être là. Pas une expression faciale, rien … impressionnant.

Le deuxième entretien se passe avec la directrice régionale. Elle a beaucoup d’aplomb, semble lumineuse et dynamique. Entretien normal. Personne humaine face à moi.

Ensuite je dois plancher quarante cinq minutes sur un cas concret. Je dois faire un plan d’action.

Entre chaque test, nous avons envie de discuter ensemble avec les autres participants. Juste pour se dire  » comment ça va ? » ,  » tu as déjà fait ça ? ». Chaque fois, la gendarmette vient nous reprendre comme des gosses,  » pas d’échanges entre les participants ».

Je passe ensuite un test téléphonique, une simulation avec un client mécontent. Le psychologue du travail qui me le fait faire est le même que j’avais eu au téléphone. Il est humain, souriant…

Ensuite, dernière expérience, le fameux jeu collectif de l’île déserte. Il est 13:30, l’assessment center est fini. On nous fait part que nous devrions avoir une réponse dans la semaine. Nous quittons le Novotel et je dis avec humour à certains participants  » je ne sais pas si je dois te souhaiter d’être pris ou pas », réponse des intéressés  » c’est clair, je ne sais vraiment pas non plus ».

J’ai vraiment eu l’impression d’être infantilisée pendant ce centre d’évaluation. Je n’ai pas eu l’impression qu’on évaluait réellement mon potentiel sauf peut-être lors du cas concret sur le poste. Le fait de me retrouver face à de l’arithmétique m’a décontenancée, j’ai eu le sentiment d’être piégée.  J’ai vraiment eu l’impression que pour une entreprise et un groupe qui parlaient de RSE ( responsabilité sociale des entreprises) et de valeurs humaines sur son site, là, on n’y était vraiment pas du tout. Pourtant, le poste m’intéressait vraiment au départ.

 J’espère que celui ou celle qui sera retenu(e) ne souffrira pas trop . Parce qu’au final, les participants que j’ai rencontré, eux, avaient l’air vraiment sympathique. Mais ce qu’on a pu voir de la société qui recrutait à ce moment là, c’était carrément démoralisant.

L’assessment center, si c’est ça, ça ne casse pas trois pattes à un canard et ça n’évalue que très peu les compétences réelles du participant. On a tous eu l’impression de repasser le permis. Je dois te dire que ça m’a même fait peur de me dire que c’est ce à quoi j’allais avoir à faire aujourd’hui. Je suis complétement d’accord avec toute la mouvance du « serious game » qui veut évaluer les compétences réelles du candidat pour le poste. Je trouve que tester le collaborateur sur des cas qu’il rencontrera; c’est très bien. Aussi pour le collaborateur qui pourra aussi juger de son envie de faire partie de l’entreprise. L’idée est au top puisque ça permettrait de sortir de l’exercice conventionnel de l’entretien. Mais là, on n’y était vraiment pas.

Juger tes compétences réelles et humaines, cela devrait aussi permettre de juger ton envie d’échanger avec les autres. Et non pas de brider tes échanges pour ainsi fausser dès le départ ton rapport à l’autre. L’assessment center devrait être une occasion d’observer dans des situations réelles et non fictives. Et là, plus rien n’était naturel.

Quel drôle de monde est en train de devenir le marché du travail en France?

A très vite ,

Lisenn

 

Storytime #2: 2016, mon année pas super jojo !

Storytime #2: 2016, mon année pas super jojo !

Je me décide enfin à écrire sur mon année 2016, pour te parler enfin de maladies oculaires assez méconnues du grand public. Je n’ai jamais eu de véritables problèmes de santé, ni d’arrêts maladies pour autre chose qu’une joyeuse gastro-entérite ou qu’une sympathique grippe.

L’histoire ne commence pas tout à fait en 2016. Fin juin 2015, la canicule sévissait à Strasbourg. Elle a duré un certain temps, j’avais une fièvre à 38° qui ne baissait pas.  Au bout d’un mois, je me décide à consulter ma généraliste. Elle  ne voit rien de spécial à la prise de sang. J’avais changé deux mois plus tôt , ma pilule contraceptive. Fin juillet, je me rends en avion dans le sud de la France pour le mariage d’une amie. Le dimanche matin, plus moyen de respirer, je finis aux urgences avec une saturation en oxygène à 91. Résultats étranges à la prise de sang mais pas de résultats alarmants au niveau de l’imagerie. L’urgentiste me laisse prendre mon avion retour avec des courriers pour retourner consulter à Strasbourg. Je pars en vacances la semaine qui suit avec des amis. Sur le trajet, je demande à mon conjoint s’il peut vérifier l’intégrité de mes lunettes de soleil car je suis gênée. Un jour, nous sommes à la mer et je ressens de violents flashs lumineux à l’œil droit. Le phénomène durera deux jours, je me dis que j’irai consulter en rentrant.

Septembre 2015, je vais consulter l’ophtalmo qui me dit qu’il ne voit rien mais qu’il trouve que ça sonne neurologique. Je commence donc un parcours de consultations neuro. 23 décembre 2015, en ouvrant les yeux ce matin, je ne vois plus que des nuages blancs à droite. Je file aux urgences ophtalmo. A l’osculation, l’interne dit « oulà ». Nouveaux examens. Le diagnostic tombe  » hé, regarde, on a une OVCR ! »(merci messieurs les internes pour ce moment d’humanisme et de poésie). Une ovcr est une occlusion de la veine centrale de la rétine. En gros, pour une raison qu’on ignore mon œil n’est plus convenablement oxygéné. Mise en place de traitement préventif. On ne sait pas comment ça se soigne, ni d’où ça vient. Chouette. Injection dans l’œil etc… gros gros effets secondaires et effets secondaires aux médicaments pour contrer les effets secondaires … Les mois de janvier et de février sont particulièrement merdiques. Jusqu’à ce que je change d’ophtalmo, le mec est jeune, connait bien son sujet. Il me demande si j’ai de l’apnée du sommeil. Je dis oui mais non appareillée. Ça y est , on tient la cause de mon OVCR. Une apnée du sommeil mal soignée. Je suis guérie, quelques séquelles rétiniennes, une petite perte de vision, mais rien de bien méchant. J’ai fait très peur à ma fille, mon mari, mes amis, ma famille. Et j’ai une interdiction à vie de reprendre une contraception orale. Et si je décide d’avoir un deuxième enfant ce sera une grossesse ultra surveillée.

Je reprends le travail en avril. Soulagement. Mais là c’est ma petite fille qui m’inquiète, elle est très irritable , souffre de maux de ventre. J’insiste auprès du pédiatre, verdict maladie cœliaque. On commence l’éviction du gluten.

Je décide en septembre de changer définitivement ma façon de travailler. J’appréhende pas mal la fin de l’année avec l’anniversaire de la période pourrie qui se rapproche. Je passe nouvel an. Nous sommes enfin en 2017.

La semaine dernière, mauvaise nouvelle concernant ma fille. Une nouvelle que je ne sais pas encore gérer donc je n’en parlerai pas ici.

Début de cette semaine, même chose, ça fait depuis mai 2015 que je répète à mon conjoint et à mon pédiatre que la petite a un problème de vue. Visiblement, j’ai du manquer de conviction. Je profite de la visite de l’école lundi pour qu’on teste sa vue. L’infirmière scolaire me dit d’aller consulter en urgence car elle ne voit rien de l’œil droit ( si elle pouvait éviter de me prendre pour modèle sur ce genre de choses j’en serais ravie). Dans la foulée, on obtient rendez-vous dans le cabinet de mon ophtalmologue, résultat amblyopie. La petite ne voit rien de l’œil, elle doit porter des lunettes ultra-correctrices mais aussi un cache par alternance pendant deux ans pour espérer récupérer un peu de vision mais elle ne récupèrera jamais une excellente vue. Elle a déjà 3 ans et demi , nous avons donc déjà perdu 1 an et demi ( merci le pédiatre).

J’espère sincèrement que ma bonne grosse période pourrie s’achèvera donc avec cette nouvelle peu réjouissante bien que ce ne soit pas gravissime.

Si tu as un enfant, et que tu as comme moi un parent amblyope, emmène ton enfant chez l’ophtalmo a deux ans car à cet âge il a encore 99% de chance de se rétablir. Même si toi , tu n’as pas développé d’amblyopie, comme dans mon cas, tu peux être porteur du gène sans l’exprimer.

Si tu as une apnée du sommeil, mets ton appareil c’est important.

Si tu as comme une intuition que quelque chose ne va pas pour toi ou ton enfant, écoute toi et écoute-le .

Souhaite-moi une année 2017 moins compliquée que 2016. Mais quelque part, toute cette année m’a énormément changée et je l’espère en mieux. Même si dorénavant, je relativise absolument tout et que ce n’est pas bon non plus.

Le vieil adage qu’on utilise beaucoup en Alsace,  » tant qu’on a la santé » est tellement vrai.

Bises,

Lisenn

La petite vie pépère de Léon, chien de thérapie à la retraite.

La petite vie pépère de Léon, chien de thérapie à la retraite.

Je ne suis pas la seule à avoir changé de vie avec la fermeture du cabinet. Mon fidèle compère poilu, Léon, ( a.k.a Loulou, Big Loup, La crevure, chocachien, La cave d’affinage à comté ….) a pris sa retraite par la même occasion. Il était temps puisqu’il a 7 ans et que les chiens de sa race,  Cavalier King Charle Spaniel, dépassent difficilement l’âge de 8 ans.

J’ai mis un temps infini à dresser Léon que je surnomme souvent « l’Unbreakable Léon Schmidt »( en référence à la série) tant il est résistant au dressage. Sa seule monnaie d’échange: la bouffe, messieurs, dames. Il n’en est pas moins le chien le plus attachant que je connaisse. Un air faussement Rantanplan, un pot-de-colle. Je l’ai eu tout petit, peut-être même pas sevré d’ailleurs, à deux mois tout rond.

img_0066

Au bout de quelques années, je pouvais enfin l’emmener avec moi au cabinet. Il ne sautait plus sur les gens. Il avait réussi à apprendre à garder une distance face aux gens qui avaient peur des chiens. Petit à petit, il a su amadouer la patientèle du cabinet. Mais il n’était pas là pour rien. Il faisait parti du cadre. Ses ronflements au départ gênants finissaient toujours par être décrits comme apaisants par tous. Et les rares fois où il n’était pas là, j’avais le droit au bout de trente secondes au fameux  » ben il est où Léon? ».

La race de Léon est parfaite pour faire des thérapies avec des personnes souffrant d’autisme, des patients alzheimer, mais aussi des patients ayant vécu un psychotraumatisme. Ce sont des chiens très doux et très joyeux.

Pour nous, c’est un bout de notre famille car il a son caractère mignon et pourri à la fois.

Voici un inventaire non exhaustif de ce qui me fait marrer tous les jours chez mon canidé:

  • Systématiquement, quand tu prends ton bain, il fait exprès de venir ouvrir la porte ( parce qu’il a une technique pour les ouvrir) et il se barre en courant dans son panier. Du coup, tu cailles.Ce qui lui vaut également la réputation de chien pervers avec sa passion pour le vol de culotte.
  • Il mangera tout ce qui traine sur ta table de chevet, boules antibruits incluses.
  • Il cherchera toujours à voler la nourriture de ma fille même s’il se fait pourrir après.
  • Souvent il se loupe pour monter sur le fauteuil et se ratatine, il part vexé dans son panier.
  • Il ronfle comme trois hommes saouls.
  • Il essaiera tous les jours de monter sur nos lits même s’il n’en a pas le droit.
  • Quand l’un de nous est malade, il se met sur ses genoux ou à côté de lui ou sur lui si t’as plus le courage d’interdire quoi que ce soit. Comme l’atteste cette photo terrible où j’avais une grippe sévère et où il m’a veillé pendant quatre jours durant ( Oui je suis super chic sur cette photo. Quoi ? Tu ne mets pas de capuche quand t’es malade?).
  • img_0496Quand l’un de nous est triste à pleurer, il se met assis devant lui les oreilles en arrière.

Lorsque j’ai eu ma fille, Romy, j’étais inquiète de sa réaction. J’avais peur qu’il en soit jaloux et donc qu’il devienne un danger potentiel pour elle. Évidemment, je m’étais trompé. Même si j’étais toujours vigilante à ce qu’il ne l’écrase pas et ne s’approche jamais de son visage.

img_0128

Au final, il a contribué à sa manière au bien-être de pas mal de personnes dont celui de ma petite famille. Et je me disais qu’il méritait un joli petit article pour ses bons et loyaux services.

J’aimerais conclure par cette opinion. L’insertion d’animaux de compagnie dans des structures de soins est encore trop rare et pourtant on sait qu’elle fait de véritable miracle. L’équithérapie a métamorphosé pas mal de personnes autistes. Je ne parle même pas des chiens dressés pour devenir les compagnons des personnes aveugles. L’introduction d’un labrador dans des plages horaires choisies au sein d’une maison de retraite apporte plusieurs bienfaits évidents.  Si l’idée n’est pas neuve, elle me semble trop inexploitée en France aujourd’hui. Faute probablement à l’évolution des conditions  drastiques en matière d’hygiène qui nous a permise de gagner en santé et longévité mais qui empêche hélas d’exploiter le lien humain-animal dans le domaine de la santé.

Et toi, t’en penses quoi ?

Lisenn